ELLIS PETERS   [ née Edith Mary Parteger ]

Dès 1938 cette préparatrice en pharmacie publie sous le pseudonyme de Joylon Carr Murder in the Dispensary. En 1940 elle publie The Victim Needs a Nurse sous le nom de John Redfern. Edith Parteger s’engage pendant la deuxième guerre mondiale, reçoit de George VI la réputée Médaille de l’Empire Britannique, poursuit son travail d’écrivaine avec quelques œuvres satiriques… Spécialiste de la langue et littérature thèques elle traduit en anglais plusieurs œuvres…Ensuite, elle amorce avec l’inspecteur Felse  dans Fallen into the Pit une série de douze romans policiers. Le second Death and the Joyful Woman lui vaut en 1963 le Prix Edgar Allen Poe du meilleur roman. Les Prix Edgar-Allen-Poe ( Edgar Allen Poe Awards ) , plus communément appelés Edgars, sont des distinctions décernées chaque année par l’association Mystery Writers of America qui regroupe les auteurs de romans policiers américains. Nommées en l’honneur de E.A. Poe ( 1809-1849 ), elles récompensent les auteurs des meilleures œuvres policières de l’année passée dans les domaines littéraire, télévisuel, cinématographique et théâtral.

Dans les années 60, elle écrit une trilogie Heaven Tree où elle révèle son intérêt pour le Moyen Age. L’intrigue se déroule en Angleterre au début du XIIIe siècle, au temps des bâtisseurs de cathédrales sur fond de guerres anglo-galloises.

Elle se cache aussi derrière deux autres pseudonymes : Peter Benedict et Ellis Peters. Ses trois premiers alias sont des noms d’homme. Mais c’est sous le nom d’Ellis Peters qu’elle restera la plus célèbre.

 

Ellis Peters

C’est à l’âge de 64 ans qu’elle débute une série de 20 romans dont l’histoire se passe à la frontière du Pays de Galles et de l’Angleterre entre 1137 et 1145. Le personnage central, Frère Cadfael ( Cadfael ap Meilyr ap Dafydd ) , moine bénédictin fictif d’origine galloise né en 1080, a été marin, a participé aux croisades et n’a choisi la vie monastique qu’à l’âge de 40 ans dans le cadre de l’abbaye de Shrewsbury. Fort de son expérience de la maladie et des blessures, sélectionnant dans son ‘herbarium’ des plantes jusque là inconnues en Angleterre comme le pavot, Cadfael  concocte potions et médicaments, dispense des soins au sein de et à l’extérieur du monastère. On fait appel à lui lors des décès comme on consulte maintenant un médecin légiste. Il traite les gens sans distinction quelle que soit leur allégeance politique ou leur conviction religieuse… Il s’appuie sur des alliés  comme le shérif du comté du Shropshire, des jeunes assistants qui apprennent à ses côtés et qui changent de livre en livre , mais se heurte aussi à des résistances et des inimitiés féroces.

Cadfael est pour ainsi dire une lumière dans le monde sombre qu’est le Moyen Age. Ce personnage qui transmet son savoir, son expérience, sa tolérance autour de lui n’est pas sans rappeler un autre personnage éclairé : Guillaume de Baskerville flanqué de Adso dans Le Nom de la Rose d’Umberto Eco ; et si on saute un peu dans le temps Sherlock flanqué de son fidèle Docteur Watson dans Le Chien des Baskerville

 

Trafic de Reliques ( 1989 ) – A Morbid Taste for Bones ( 1977 ) [ premier roman de la série ]

 

1137 -L’abbaye bénédictine de Shrewsbury peut-elle continuer à attirer les pèlerins alors qu’elle ne recèle pas de relique sacrée digne de ce nom ? Au Pays de Galles voisin, les sites religieux pullulent de reliques. Celles de Sainte Winifred méprisées par les gallois feraient bien l’affaire. Mais les rapports conflictuels entre les deux pays compliquent les choses. Frère Cadfael qui n’oublie pas ses origines galloises, se joint à la délégation religieuse chargée de négocier avec les gallois. Rhisiard, à la tête des gallois farouchement opposés au transfert des reliques, est assassiné. Aussitôt, son serviteur anglais et, qui plus est, amoureux de sa fille devient le coupable idéal. Frère Cadfael a des doutes et n’hésite pas à aider celui que tout le monde pointe du doigt…

 

Le Lépreux de Saint-Gilles ( 1989 ) – The Leper of Saint Giles ( 1981 ) [ 5e roman ]

1139 …

La Confession frère Haluin ( 1992 ) – The Confession of Brother Haluin ( 1988) [ 15e ]

1142 – Un tapis neigeux recouvre la région. Les conditions climatiques rudes après un automne doux et pluvieux provoquent des dégâts importants dans la toiture du grand hall de l’abbaye de Shrewsbury. Lors des travaux de réfection rendus délicats par la glace, le Frère Haluin fait une chute terrible. Sur son lit de mort, il fait à Frère Cadfael une confession incroyable.  Impardonnable. Contre toute attente le Frère Haluin se remet. Il entreprend aux côtés de Frère Cadfael un voyage expiatoire au cours duquel les deux hommes ne seront pas au bout de leurs surprises…

 

Frère Cadfael fait penitence ( 1995 ) – Brother Cadfael’s Penance ( 1994 ) [ 19e ]

1145 …

 

“Après avoir lu ces romans, on a le sentiment de tout savoir sur la religion, l’histoire, la structure sociale, la politique et les modes de vie en Angleterre du XIIe siècle. Et pour l’habileté des intrigues, seule P.D.James, à mon avis, rivalise avec elle. » ( 4e de couverture de

Le Lépreux de Saint-Gilles       ( The Armchair Detective )

 

Ellis Peters, « cette ‘bénédictine du mystère’, comme l’a surnommée François Rivière, a créé avec son moine enquêteur, féru d’herboristerie, un cas à part. Les intrigues sont toujours jouissives, pleines d’humour, agréables pour ceux qui aiment les vieux châteaux, les mœurs de l’époque et l’histoire du Moyen Age. Ce ‘whodunnit’ médiéval est une véritable bouffée d’air frais dans le monde du roman noir à ras de bitume. »   Christophe Rodriguez ( Lectures )

 

A noter la série télévisée britannique ‘Frère Cadfael( 1994-1998 ) 13 épisodes avec Derek Jacobi dans le rôle titre.

 

Bonne lecture. Bon voyage.

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