La cuvée 2017

Depuis maintenant 15 ans, le meilleur de la scène normande met en musique les mots des plus grands auteurs de polars. Cette année encore, 9 nouveaux groupes auront joué le jeu. Ils interprètent les textes écrits pour l’occasion par des auteurs invités sur le festival du «Polar à la plage» édition 2017.
Cuivres et luminol, guitares et armes blanches, basses et armes de poing, percus et barillets, chants et ecchymoses. La recette parfaite pour le plus musical des modus operandi.
15 ans.. déjà.. et 164 scenarii différents.
Histoires de mort, histoires de cœurs, histoires de vie, l’Histoire de… Polaroïds Rock.

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Le livret intérieur du CD 2017 est à lire sur écran : accéder, précision pour votre confort de lecture, cliquez sur le bouton [ ] « Full screen »

Les textes, les présentations des groupes et des auteurs…

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Tous les albums de Polaroïds rock sont « écoutables » sur le site de la Sonothèque de Normandie. ECOUTER

Texte de présentation de la Sonothèque :
A l’origine, le projet un peu fou de l’association Les Ancres Noires qui a eu l’idée d’associer deux écritures, l’une littéraire, l’autre musicale dans une compilation annuelle intitulée «  »Polaroïds Rock » » lors du Festival du Polar à la Plage du Havre. Les auteurs invités ont en effet écrit des textes mis en musique par une cinquantaine de groupes musicaux talentueux et aux influences variées : punk, rock’n roll, blues ou pop des sixties… De là est né le collectif de musicien(ne)s pour faire vivre le répertoire «  »Polaroïds Rock » » dans des soirées cabaret en formule acoustique, ou sur scène avec un set plus électrique. Chacun(e) s’investit suivant sa disponibilité et son envie, mais selon un avis unanime, c’est pour tous une expérience très positive qui mêle découvertes musicales, littéraires et franches parties de rigolade !

Revue de presse :
Article signé Cédric Fabre paru sur le site K-libre concernant l’édition 2010

Rockers et polardeux : l’accord majeur.

Depuis 2005, la compile annuelle Polaroïd Rock joue admirablement le crossover en faisant plancher sur la même galette auteurs de polars et musiciens. L’opus 2010 est sorti, et il décoiffe.
Vous avez saisi le principe : les premiers écrivent les textes, les seconds les mettent en musique et les interprètent. On doit l’initiative à l’association havraise Les Ancres noires, qui organise chaque année dans sa ville – par ailleurs celle de Little Bob et de Marc Minelli… – le festival Polar à la plage. En juin dernier se tenait la huitième édition, conclue par la parution de ce sixième Polaroïd Rock. De fait, le rock et le polar étaient faits pour pactiser : ils se torchent à la même source, celle des existences brûlées, des bas-fonds et des mondes interlopes, des atmosphères hard-boiled. Mêmes engagements virulents, même esprit de subversion, même obsession de se faire l’écho de la violence sociale. On note aussi qu’avec le rock, le polar sort un peu de son imagerie djazzotte « privé-solitaire/vamp-fatale/Charlie-Parker ». Là, on les imagine heureux, les écrivains-rockers, de Caryl Ferey, fan des Clash, à Pouy, amateur des Ramones, nous semble-t-il, en passant par Christian Roux, Noir Désirien acharné. Et la rengaine vient alors souvent de cette veine naturaliste très contemporaine, où nos polardeux jouent sur le contraste des images, dans un désordre saisissant : les abattoirs et les filles à jarretelles, le juke box et le JT, le dancing et le « pôlemploi », le guitar-hero et le chômeur, les amphètes et les SICAV… Bref, le monde est forcément bordélique, puisqu’il est fait à la fois de pogo & destroy et de business plans. Une évidence s’impose : le polar est un genre à guitare, bien souvent. Chez Christian Roux, notamment, au rock sobre et radical, et qui est le seul auteur qui fait le doublé, passant ici de l’écriture de textes (« J’ai regardé ») à la compo musicale et à l’interprétation pour Dom Delahaye (« Je peux vivre sans toi »). On aime aussi l’intensité de l’electro-rock de Bamboo For Chopsticks, le punk-rock alternatif de Skott de Porc Et Côtelettes – oui, on n’est pas loin des Garçons Bouchers… – qui sied joliment à l’humour de Pouy : « Travailler tue, c’est écrit sur le paquet ». Le texte de Colin Thibert, lui, est mouliné à la sauce ragga-pop, avec Micromegga, tandis que le rap tendu d’Homogène donne toute sa saveur à la poésie de Pascal Garnier –à qui la compile est dédiée – sur le titre « J’lance des mots » : « J’lance des mots, sans savoir où y r’tombent/Des mots d’la fin, à graver sur des tombes ». Et parmi les quelques sentences implacables qu’on va peut-être adopter pour l’hiver, celle de Ferey : « Le temps, c’est l’argent des cons ».
Bref, non seulement l’album-concept n’est pas mort – à considérer que c’en est un -, mais on fait de sacrées découvertes musicales – on a craqué sur Nightingate et sur The Kasuals. Enfin, ce réjouissant foutoir nous rappelle que le polar, c’est aussi du No Future.

Playlist : 1/ « Banlieue Ouest » (Marc Villard/Bamboo For Chopsticks) ; 2/ « C’est écrit sur le paquet » (Jean-Bernard Pouy/Jeanbon) ; 3/ « Colombine » (Colin Thibert/Micromegga) ; 4/ Enrichis-toi (Caryl Férey/Retro Satanas) ; 5/ Faire semblant (Michel Leydier/The Sounk) ; 6/ « J’ai regardé » (Christian Roux/Nightingate) ; 7/ « Je peux vivre sans toi » (Dominique Delahaye/Christian Roux) ; 8/ « J’lance des mots » (Pascal Garnier/Homogène) ; 9/ « Kérosène » (Romain Slocombe/Sheraf) ; 10/ « Les Images du passé » (Thierry Crifo/Va l’dire à ta mère) ; 11/ « Lover Doll » (Joseph Incardona/Ana) ; 12/ « Rock Odile » (Jean-Hugues Oppel/Kasuals) ; 13/ « T’aurais pas dû » (Pierre Hanot/Polaroïds rock).

Citation

J’lance des mots, sans savoir où y r’tombent/Des mots d’la fin, à graver sur des tombes.