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SAM MILLAR  ( 1958 –         )

En 1972, à l’âge de 14 ans, Sam Millar qui vit à Belfast, Irlande du Nord, suit son frère à une manifestation à Derry. Catholique, il  est confronté à la réalité politique et religieuse. Les relations entre catholiques et protestants sont tendues. L’armée britannique quadrille les rues…

Ce 30 janvier 1972 restera dans l’histoire comme le Domhnach na Fola,  le Bogside Massacre ou Bloody Sunday ( le Dimanche Sanglant ) chanté par John Lennon et le groupe U2.

27 manifestants des droits de l’homme et passants pacifiques sont pris pour cibles par les soldats de la force britannique, 14 hommes dont 7 adolescents sont tués sur le coup. Certains blessés par balles sont atteints dans le dos. Deux personnes sont écrasées par des véhicules militaires…

Sam Millar prend conscience que ‘Les catholiques sont comme des soucoupes en Irlande du Nord : près de la tasse, mais jamais autorisés à savourer son contenu.’

Prisonnier, il passe 8 ans dans les geôles tristement célèbres de Long Kesh ( ces H-blocks qui tirent leur nom de la forme des bâtiments ) où les prisonniers comme Bobby Sands revendiqueront le droit d’être reconnus comme prisonniers politiques, vêtus d’une seule couverture et faisant la grève de la faim dans leurs cellules recouvertes de leurs excréments. Jusqu’au bout ! Madame Thatcher refusant de lever le petit doigt.

Après avoir purgé sa peine, Sam Millar connaîtra aussi les prisons américaines en tant que prisonnier de droit commun après avoir conçu et réalisé l’un des plus grands casses jamais réalisés aux USA. Il sera gracié par Bill Clinton…  De retour en Irlande, Sam Millar devient écrivain. Des nouvelles qui lui vaudront de nombreuses récompenses puis un roman autobiographique On the Brinks suivi de nombreux ‘polars’… noirs, très noirs dont une trilogie où s’illustre un détective privé, Karl Kane.

 

On the Brinks ( 2003 ) – On the Brinks ( 2013 )

L’éditeur français a choisi de ne pas traduire le titre du livre. C’est qu’il y a un jeu de mots, et les jeux de mots sont durs à rendre d’une langue à l’autre. Explication donc : Le casse réalisé aux Etats-Unis a eu lieu dans l’un des plus gros dépôts de la Brinks ( transporteur de fonds mondialement connu ). Il existe une expression en anglais : ‘to be on the brink’ qui signifie littéralement ‘être sur le bord’, être au bord du précipice par exemple, donc vivre dangereusement. C’est bien le cas de Sam Millar comme nous le montre le livre. Un livre époustouflant, une écriture puissante et dense. Qui vous prend à la gorge. Qui dérange. Chaque ( court ) chapitre de On the Brinks est traité comme une nouvelle.

La trilogie Karl Cane

( 2014 ) – Bloodstorm ( 2008 )

Il s’en passe de belles, à Belfast, cet hiver-là…

Deux mains gauches sont découvertes dans les entrailles d’un sanglier abattu à la chasse. Vingt ans plus tôt, c’étaient des chiens sauvages échappés du zoo qui déchiquetaient les corps… [ … ]

Le soin de démêler les fils sanglants de cette macabre affaire échoit à Karl Kane, détective privé cabossé par la vie et hanté par un drame digne d’un fantasme de James Elroy.

Présentation éditoriale

Le Cannibale de Crumlin Road ( 2015 ) – The Dark Place ( 2009 )

Il s’agit du « deuxième épisode des aventures de Karl Kane, un détective privé qui ressemble au Philip Marlowe de Chandler. [ … ]

En pleine vague de chaleur sur Belfast, un tueur en série boulotte le foie et les reins de ses victimes… Lorsque Katie, la fille de Kane, disparaît, le détective voit rouge. Alternant scènes d’une violence inouïe et dialogues d’une ironie corrosive, Sam Millar réussit le tour de force d’allumer de belles lumières dans un monde de ténèbres. »            Le Monde

 

Un Sale Hiver ( 2016 ) – The Dead of Winter ( 2012 )

« Sam Millar a trouvé la bonne vitesse de croisière avec ce nouvel opus. Terminés les côtés très glauques même si cela reste très très chaud, mises entre parenthèses les nouvelles des hémorroïdes du héros, de l’action et de l’humour, beaucoup d’humour dans les dialogues et un héros tout simplement humain, le genre de type qu’on aimerait avoir comme pote.

Dans Un Sale Hiver on se sent aussi beaucoup plus en Irlande que d’habitude à moins que je me fasse des idées. Toujours est-il que Karl Kane pourrait devenir un ami irlandais très fréquentable un peu comme Jack Taylor de Ken Bruen. »     Nyctalopes

 

Sam Millar a reçu de nombreux prix : Aisling Award for Art and Culture ( 2003 ), Martin Healy Short Story Award, Brian Moore Award for Short Stories ( 1998 ), le Grand Prix de Littérature Policière ( 2011 ), Le trophée 813 du Meilleur Roman Etranger ( 2014 )…

 

Bonne lecture. Bon voyage.

 

 

 

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