the-wire-posters“Yes, we cannot !” par Max Obione

Amateur de séries américaines, Max Obione nous livre ses réflexions sur The Wire.
Il n’est pas content du tout le commissioner Frederick H. Bealefeld de la police de Baltimore, Maryland, USA. Au début de cette année, il a piqué une grosse colère. Son objet ? La série télévisée à succès The Wire  – Sur écoute, en français – produite par HBO (1). Les premiers épisodes de la première saison ont été diffusés à partir de 2002 aux Etats-Unis, 2004 en France ; elle est toujours accessible sur les sites Internet de streaming et en DVD dans le commerce.

A l’heure où la communication politique relègue de plus en plus l’action politique au rayon des accessoires, où l’image est en passe de supplanter de plus en plus le fond de la res publica, la représentation de la ville de Baltimore et du travail de sa police n’est en effet pas flatteuse. Le boss des flics eut préféré un « cop-show », de facture formatée ; sûr qu’il aurait préféré voir Starsky et Hutch débouler sur Fayette Street transformée en décor avenant ou bien les flics de Miami bien propres sur eux, obtenant des résultats à coups sûrs.  (…) What Baltimore gets is this reinforced notion that it’s a city full of hopelessness, despair and dysfunction. (2) Critique habituelle d’un fonctionnaire qui supporte mal qu’on stigmatise, selon lui, dans cette série télévisée, toute la population, le système judiciaire et le système scolaire. Alors que les efforts et les réalisations importantes sont de son point de vue ignorées. Manque de chance, David Simon, le créateur de la série, n’avait pas envie de mentir en se prêtant à ce jeu de communication politique et d’enjoliver la situation de la ville qu’il connaît depuis qu’il a exercé le métier de journaliste au Baltimore sun.

Le danger de la fiction

Cette sortie du chef de la police avait tout le piquant de la moutarde qui monta au nez de David Simon. Celui-ci rétorqua vertement dans les colonnes dudit journal, journal pour lequel il a couvert longtemps les crimes et délits avant de faire partie d’une charrette de restructuration. « (…) ce ne sont pas 60 heures de The Wire que notre ville va mettre des décennies à surmonter, comme l’affirme le commissioner. Un problème bien plus persistant tient sans doute à deux décennies de mauvais travail accompli par un service de police plus obsédé par les chiffres que par le fond des choses, plus enclin à rassurer le pouvoir politique qu’à vraiment s’attaquer aux causes de la violence urbaine, plus prompt à accuser autrui qu’à endosser ses responsabilités. »
La situation à l’intersection de Fayette et Monroe, à Baltimore, Simon la connaît comme un entomologiste patient, obsessionnel presque, observant tous ces « misérables », au sens hugolien, dans cette ville déshéritée au taux de chômage de près de 50%, particulièrement criminogène ; on y compte en moyenne 300 meurtres par an. Simon tient là son sujet, le marqueur de sa vie. C’est en quelque sorte le théâtre crucial, nourri d’expériences vécues, duquel il va tirer toute une matière romanesque extrêmement féconde qu’il déclinera ensuite, en compagnie de son compère Ed Burns, ancien policier de Baltimore également et devenu enseignant depuis lors.

L’appel irrésistible du shoot

Tout d’abord, cela donnera deux livres qui se prolongeront dans des séries TV, pour aboutir, après cette maturation, à la série The Wire.

Ainsi Homicide : A year on the killing streets est publié en 1991. Il sera suivi de The corner : A year in the life of an inner-city neighborhood en 1997. Ce dernier ouvrage vient d’être publié chez Florent Massot sous le titre The Corner, Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert, Volume 1, Hiver/Printemps. Le volume II à paraître concernera l’été et l’automne. (3)
« Ce livre est le fruit d’un travail d’investigation journalistique, déclare David Simon. Les événements relatés ici ont eu lieu en 1993 dans Fayette Street, à Baltimore Ouest »
Les auteurs « passent avec habileté de la réflexion sur l’inanité flagrante de la répression aux destins individuels dérivant dans les allées d’un centre-ville abandonné à la misère. » observe Jeanne Desaubry dans la critique du livre parue sur son blog (4).
La distanciation des auteurs par rapport à leur sujet traverse déjà cet ouvrage. Simon et Burns ne prétendent pas détenir une solution. Au contraire, « On ne pourra jamais y mettre fin. », telle est la sentence ouvrant le chapitre 2 de The Corner. « C’est bien pire, souligne en écho Jeanne Desaubry, ils le disent, c’est leur conclusion sans appel, sans espoir : ‘le corner’ les aura tous. » Personnellement, j’ai rarement lu des pages aussi pénétrantes sur le délabrement fatal et irrémédiable des hommes et d’une ville causé par la drogue. Simon nous livre le nom de l’ennemi invincible : « Le corner prend sa source dans le désir humain ; brut, certain, immédiat. Et la triste vérité, c’est qu’aucune force au monde chargée du maintien de l’ordre ne peut se mesurer au désir. » Ce constat sera quelques années plus tard le leitmotiv de The Wire.

A ne pas manquer…

A l’issue d’un dîner entre amis, lorsque la discussion se fait silence en ayant épuisé son intérêt divers, il n’est pas rare qu’un convive oriente leur attention sur les derniers spectacles qui l’ont intéressé ou qui lui ont déplu. C’est ainsi que l’on m’a fait découvrir cette série phénomène.(5)

— Désolé, moi je n’ai pas accroché, la première saison m’a désorienté, j’ai calé, dit l’un. Tu vois des flics, une équipe de bras cassés qui s’installe pour lutter contre des dealers dans un quartier pourri…
— Pffft ! Ah bien sûr, ce n’est pas le speedé Jack Bauer de 24 heures chrono qui va passer le quartier au lance-flammes.
— J’ai eu du mal à saisir l’organisation de la police et de la justice, de l’administration de la ville…
— Dommage, tu manques quelque chose d’énorme ! renchérit l’autre. De cette série, il faut voir tous les épisodes à la suite, pas question d’attendre une semaine pour l’épisode suivant, ou un an pour la prochaine saison, et là, je te garantis que tu deviens accro… et c’est de la bonne, surtout en VO sous titré !
— Combien d’épisodes en tout ?
— 5 saisons, 60 épisodes en tout, de 58 minutes chacun, bien calé dans son fauteuil.
— De quoi attraper des durillons aux fesses !
— Moi, il m’est arrivé d’en voir 5 épisodes à la suite, je ne pouvais pas décrocher.

L’attrait principal de la série longue  – qu’importe la tautologie ! c’est la durée, le temps donné au développement de l’histoire, c’est la connivence qui s’installe entre le spectateur et les personnages y compris avec les seconds rôles. Durant 5 saisons, outre le tableau terrible des ravages de la drogue, on pénètre la complexité des États-Unis, l’empilement des structures locales, le système électif aux postes politiques et judiciaires entre autres, les différentes polices et communautés raciales ou religieuses, les groupes de pression, etc… et surtout le marché de la drogue installé depuis des décennies…
Les saisons ne reposent pas toutes sur les écoutes téléphoniques comme le titre de la série le laisse supposer. Ces écoutes mises en place avec moult précautions juridiques interviennent pour établir les ramifications entre délinquants, remonter les filières, amasser des preuves afin de consolider les poursuites pénales, etc.
Voici à grands traits le canevas des 5 saisons. Auparavant, un mot sur le générique particulièrement réussi ; les images sans figures humaines défilent aux accents de Way Down In The Hole, composition de Tom Waits figurant sur l’album Frank Wild Years paru en 1987.

“When you walk through the garden
you gotta watch your back
well I beg your pardon
walk the straight and narrow track
if you walk with Jesus
he’s gonna save your soul
you gotta keep the devil
way down in the hole”

Ce blues est chanté par les Blind boys of Alabama durant la première saison. Tom Waits himself assure la saison 2, on reconnaît Steve Earle dans la saison 5.

Le marchand des 5 saisons

La première saison se déroule dans un quartier de Baltimore où règne un caïd de la drogue. On assiste à la mise en place dans un sous-sol crasseux d’une équipe de policiers composée de bric et de broc, flics désabusés, sacqués, alcoolos, bas du front, taiseux… Ce décor, on le retrouvera dans toutes les saisons à l’exception de la saison 2 dont l’intrigue a pour théâtre principal le syndicat des dockers et le port de Baltimore en train de péricliter, mais propice à tous les trafics y compris celui des êtres humains. On retourne dans les rues de Fayette ou de Monroe dans la troisième saison. Les trafics continuent, les policiers écoutent, la politique s’en mêle, les élections approchent et les ambitions des politiciens corrompus s’affichent. La quatrième saison est de mon point de vue la plus violente au plan symbolique par les conséquences engendrées, puisqu’elle souligne l’état de déliquescence de l’éducation dans ces quartiers, et démontre avec pertinence la fatalité de la violence et de l’économie parallèle, ressource ultime des jeunes laissés pour compte. Le tam-tam médiatique est passé au gril dans la cinquième saison pour dénoncer le traitement de l’information des médias de Baltimore, sujet que David Simon connaît sur le bout des doigts.
On suit de près des personnages qui restent en mémoire longtemps.

Je n’ai pas vu de fausses notes dans le casting…
Et d’évoquer tous les personnages saillants de leur point de vue parmi la pléiade des rôles : Jimmy McNulty, Kima, Bubbles, Tommy Carcetti, Omar Little…
Jimmy McNulty (l’acteur Dominic West épatant dans le rôle pivot de ce flic de la criminelle relégué aux écoutes car c’est une forte tête qui parfois ne s’embarrasse pas des procédures légales, coureur, buveur, privé de ses enfants… C’est un archétype convaincant), Kima Greggs (jouée par l’actrice Sonja Sohn, flic, bonne fille, lesbienne, toujours sur le coup), Bubbles (André Royo campe ce personnage de camé, indic, astucieux, d’une empathie communicative), Tommy Carcetti (Aidan Gillen incarne ce politicien versatile dont l’ambition tient lieu de programme), Omar Little (le balafré, joué à la perfection par Michael K. Williams qui déambule en long manteau de cuir noir sur Fayette Street toujours en quête d’un casse, d’un vol de dope, homo, romantique désespéré).
Telles sont quelques figures majeures extraites de la distribution réussie de cette série.
— Cet Omar, quel personnage ! Balafré, pédé, braqueur, tu n’es pas prêt de l’oublier !
— Sans compter que le personnage principal, c’est quand même la ville déglinguée de Baltimore.

Made in France ?

Inévitablement la discussion dérive sur les séries françaises, policières en particulier qui font florès sur nos écrans de télévision.
— Je rêve d’un The Wire à la française, dit l’un.
— On a tous les talents disponibles parmi nos auteurs du noir pour bâtir des scénars en béton, parmi les réalisateurs également, il faudrait trouver des producteurs et au moins une chaîne qui aurait le courage de bousculer le conformisme et le formatage actuel.
Et comme les meurtres entre bandes pour contrôler le marché de la drogue à Marseille défraient la chronique hexagonale depuis quelques mois et qu’on a pu lire par ailleurs des articles sur les trafics dans certains quartiers ou villes, comme à Sevran en région parisienne,  on se dit que la matière ne manque pas non plus dans notre beau pays… C’est alors que les inconditionnels de The Wire donnent de la voix et en remettent une couche en laminant les partisans des séries françaises, telles qu’Engrenages pour n’en citer qu’une, série qui n’est pas sans mérite, mais dont la force d’évocation ressemble à un petit émoi comparé au coup de boule que vous décoche David Simon durant 60 épisodes.
De l’eau est apportée à leur moulin par des écrivains de polar de premier plan : Dennis Lehane, l’auteur de Mystic River et de Shutter Island, co-scénariste de la série, soutient que « The Wire est la série la plus anti-TV qui existe », comparée aux daubes sympa mais inaptes à traduire le réel à ce point. Stephen King de son côté classe la série dans les « grands classiques de la télévision ». « Personne n’a jamais réussi ça », écrit Jacob Weisberg dans Slate Magazine. « Décrire la vie sociale, économique et politique d’une ville américaine avec une profondeur, une précision et une vision morale dignes de la grande littérature. »

Une noirceur absolue

Dans la mini-série en six épisodes tirée de The Corner, dont le statut paraît l’apparenter à un docu-roman, on suit les tribulations de la famille Mc Culloughs vivant dans le ghetto noir de West Baltimore. Le réalisateur Charles S. Dutton filme des gens de cette ville où la misère pourrit des quartiers entiers laissés à l’abandon. “This film is a true story of men, women and children living in a midst of a drug trail. Their voices are too rarely heard.” 
Le chemin conduisant à la création de The Wire était tracé. Simon avec un culot monstre a réussi à convaincre HBO de réaliser une série « qui, selon lui, n’aurait jamais dû voir le jour parce qu’il prend à contre-pied toutes les attentes d’un spectateur ordinaire. » Dennis Lehane confirme :« The Wire, c’est l’anti-Hollywood et l’anti-télévision. » 
Le tableau méticuleux de la guerre de la drogue – et de la guerre à la drogue –, le spectacle de la violence qui en découle et le constat de l’impéritie des politiques publiques, telle est la trame de cette série. Le tout baignant dans un pessimisme assumé par David Simon. Au fil des épisodes, on est immergé dans le quartier, plaque tournante du marché de la drogue. La distribution des rôles et la hiérarchie sont exposées qui vont du guetteur au caïd. La faiblesse des moyens policiers fonctionne comme un alibi ou une illustration de l’abandon de ce quartier et des gens qui y survivent. Le jeu cynique des politiques, des responsables de communautés qui monnayent leurs soutiens, les ambitions et les passions humaines, etc. toute la comédie humaine figure dans cette fresque contemporaine des bas-fonds d’une grande ville américaine dévastée par la crise du capitalisme. La série longue s’apparente par le format au feuilleton populaire au cours du XIX° siècle. Certains ont pu évoquer Dickens devant ce tableau de misère sociale et même comparer cette série aux Mystères de Paris d’Eugène Sue qui offre pareillement une palette foisonnante de personnages et de situations sociales problématiques.

C’est une vision d’une grande noirceur dont l’absence de compromis avec la réalité confirme l’authenticité à travers le prisme romanesque. On suit la déambulation des zombies, on pénètre dans les salles de shoot, on assiste aux meurtres gratuits ou perpétrés pour une broutille… Le public ne peut s’attendre à une rémission, une ouverture, un espoir. Simon, dans cette fiction qui rappelle également les arrière-plans du cinéma réaliste des années 40 et 50 ne répond à aucune attente du grand public habitué à des séries en général plus divertissantes.
The Wire est donc une série « noire », à l’instar du film noir, du roman noir, ce genre littéraire apparaissant sous la plume de Dashiell Hammett aux Etats-Unis dans les années trente, au cours de la grande dépression. En gros, une intrigue au cœur d’une réalité sociale, souvent criminelle, que les tribulations d’un personnage central (détective, policier, etc.) vont révéler, sinon dénoncer, sans pathos ni leçon de morale. Que Dennis Lehane, déjà cité, Georges Pelecanos ainsi que Richard Price aient signé les scénarios de plusieurs épisodes marque la série d’une ambition artistique due à leur génie créatif dans la fiction noire. Dennis Lehane, résidant à Boston, a écrit trois épisodes de The Wire et tenu un tout petit rôle (magasinier derrière un guichet grillagé donnant une réplique de quelques mots). Le romancier et scénariste « washingtonien » Georges Pelecanos, auteur de Shoedog a pu mettre en œuvre son sens du détail quasi journalistique et de l’anecdote pour transcrire Baltimore au plan cinématographique. Richard Price, originaire du Bronx, scénariste, acteur et producteur, a prêté son expérience à l’écriture de la série.

Une série éminemment politique

Au-delà du portrait de Baltimore, c’est le malaise de l’Amérique d’aujourd’hui qui est exposé (6). Cette fiction télévisée est un terrible poil à gratter, une satire féroce, la révélation d’une véritable impuissance, le constat d’une logique jusqu’au-boutiste et infernale conduite par un système politique incapable d’inverser cette déliquescence sociale dont la drogue est le révélateur. La série expose crûment à travers la mise en image du réel, revisité par le médium de la fiction, le cynisme qui préside à l’abandon d’une population. La « ghettoïsation » des drogués constitue un abcès de fixation urbain, où une sous-humanité de zombies vibrionne comme des déchets en suspension. Un drogué, ça court après sa dose, ça vole, ça tue pour le fric qui paiera le shoot, ça ne se révolte pas contre les ravages d’un capitalisme qui a perdu tout visage humain.

Le président des Etats-Unis a confié que The Wire était sa série préférée. Que déduire de cet aveu, rapporté par son entourage au spectacle sans pareil du malaise de cette Amérique contemporaine ? Sans doute y a-t-il puisé en partie sa volonté de contrer cette fatalité du déclin et de la désintégration ?
Mais la politique du « Yes,we can ! » voulue par le président Barack Obama paraît se heurter sur bien des plans à des obstacles insurmontables que David Simon nous livre sans pathos, sans leçon, sans solution, un constat désespérant : « C’est probablement la seule fiction télévisée, dit David Simon, qui affirme ouvertement que notre système politique et social n’est plus viable, que notre nation, malgré sa richesse, a spectaculairement échoué à intégrer les classes défavorisées et à trouver des solutions à ses problèmes. Nous sommes devenus un pays qui ne « peut pas ». »  

« Yes, we cannot ! » Impuissance glaçante de désillusion…

Extrait de la revue Mouvements « Du polar à l’écran : normes et subversion » – automne 2011

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1 – Home Box Office (ou HBO) est une chaîne de télévision à péage américaine qui fait partie du groupe Time Warner.

2 – Traduction : Baltimore est, elle, présentée en insistant lourdement sur l’idée que c’est une ville sans perspective, sans espoir et « dysfonctionnelle »

3 – Florent Massot – fev. 2011, 398 p. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Caroline Dumoucel, Clémentine Duzer et Ferdinand Gouzon. Originellement publié aux Etats-Unis en 1997 par Broadway Books.

4 – http://jeanne.desaubry.over-blog.com

5 – La série The wire a reçu les plus grandes distinctions : au moins 27 nominations à des prix et 8 « award » les plus prestigieux.

6 – Même quelques voix de conservateurs s’élèvent pour dénoncer la situation. Arianna Huffington vient de publier L’Amérique qui tombe. Comment les hommes politiques abandonnent la classe moyenne et trahissent le rêve américain. Elle y dénonce notamment le délabrement des infrastructures, c’est dire ! Fayard, 370 p., 9 €, avril 2011. En 2004, Emmanuel Todd avait annoncé le déclin inexorable de l’empire en constatant l’appauvrissement de la middle class.

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