MATTI JOENSUU ( 1948 – 2011 ) est un écrivain finlandais, auteur de romans policiers.

Entré dans la police en 1973, il occupe un poste d’enquêteur aux affaires criminelles, puis est affecté au centre de communication et de commandement urbain d’Helsinki. À partir de 1986, il devient inspecteur divisionnaire de la brigade criminelle d’Helsinki.

Son expérience professionnelle le pousse dès 1976 à publier un roman policier intitulé Väkivallan, « qui remporte le Grand prix du roman policier nordique »*, où apparaît son héros récurrent, Timo Harjunpää, qui est, comme son créateur, inspecteur de la brigade criminelle d’Helsinki. Au cours des enquêtes dont il est chargé, et où il « se trouve confronté aux problème de la Finlande des années 1980 »**, le personnage, dépressif et sans illusion sur la nature humaine, mais empreint d’humanité et de compassion, donne une singulière épaisseur aux récits. Cette œuvre riche et dense se situe dans la lignée de celles des nouveaux auteurs de romans policiers scandinaves, qui compte notamment Henning Mankell.

*  Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières

** Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005

Récompenses :

Prix national de littérature  Prix Martin Beck  Prix Vuoden johtolanka  1985, 1994

Série Timo Harjunpää

Harjunpää et le Fils du policier ( 1997 ) – Harjunpää ja poliisin poika ( 1983 )  

Helsinki, début des années 80. Des bandes d’adolescents traînent en ville, volent, piquent des voitures, font des stock-cars, se battent et, parfois, tuent. L’inspecteur Timo Harjunpää, chargé d’une enquête sur un meurtre horrible, va croiser la route de ces laissés-pour-compte. Un constat implacable sur la génération « No Future » version finnoise.                                                                                                      Source : Gallimard

Extrait :

‘Harjunpää écarta dans son élan les spectateurs qui lui tournaient le dos. « Police, hurla-t-il. Arrêtez immédiatement ! »

Les deux combattants étaient des filles. Celle qui était étendue sur le sol poussait maintenant des cris perçants, essayant de se protéger le bas-ventre avec les mains. Du sang perlait à ses lèvres. Le visage de celle qui se tenait debout était couvert d’écorchures, son T-shirt était déchiré, à moitié arraché – on voyait son épaule et un petit sein immature. Elle ramena encore une fois son pied en arrière. Harjunpää lui agrippa le poignet, le tordit – la fille cria et fit quelques pas rapides sur le côté, roula entre les pieds des spectateurs massés derrière elle. « Vous êtes folles », haleta Harjunpää, les poings serrés ; il avait l’impression qu’il aurait dû faire autre chose, mais il ne savait pas quoi – tout s’était passé si vite, il n’avait pas eu le temps de réfléchir…’

  

Harjunpää et les Lois de l’amour ( 1999 ) – Harjunpää ja rakkauden lait ( 1985 )

Harjunpää est heureux en ménage, jamais chez lui et amoureux sans se l’avouer de sa collègue Onerva. Il est l’un des inspecteurs surmenés, perclus de fatigue de la brigade criminelle d’Helsinki. Les affaires irrésolues s’accumulent. Une femme est retrouvée morte chez elle sans qu’il soit possible d’affirmer qu’il s’agisse d’un meurtre. Harjunpää, sur une intuition, ne classe pas le dossier. En quelques jours, ce qui aurait dû n’être qu’un constat de décès va devenir une vraie chasse à l’homme…

Harjunpää et l’Homme-oiseau  ( 2000 ) – Harjunpää ja rakkauden nälkä ( 1993 )

Harjunpää et le Prêtre du mal ( 2006 ) – Harjunpää ja pahan pappi ( 2003 )

Le servant d’un étrange culte tellurique se cache dans les entrailles d’Helsinki.  Le thème du tueur en série a été tellement galvaudé qu’il y a toujours une crainte à voir un auteur que l’on apprécie s’en emparer.

Pour ce quatrième et dernier livre traduit à la Série Noire et qui marque vingt années d’écriture, Joensuu ne change à aucun moment sa façon de raconter une histoire. Comme s’il partageait ensuite l’étonnement de son héros, l’inspecteur principal Timo Harjunpää, quand celui-ci se rend compte vers la fin du roman que la capitale finlandaise accueille peut-être sans le savoir un tel assassin… A aucun moment donc, on peut lui savoir gré de cela, notre auteur ne sombre dans l’exhibition continue de meurtres spectaculaires qui accompagne bien souvent l’exercice. [ … ]

Le final de Harjunpää et le prêtre du mal prend le lecteur totalement au dépourvu et laisse un goût bien amer. Un grand livre.

Chroniqué par Philippe Cottet pour Le Vent Sombre

 

Antti Tuomainen (1971-)  est un écrivain finlandais.

Il travaille dans le milieu de la publicité, avant de se lancer dans l’écriture.

Son premier roman policier, Tappaja, toivoakseni, paru en 2006, est le récit d’un tueur qui jongle avec les valeurs de la justice, de la vengeance et de la responsabilité.

L’auteur atteint toutefois la notoriété avec La Dernière Pluie (Parantaja), son troisième thriller, qui se déroule dans un Helsinki du futur, presque totalement déserté par ses habitants depuis une série de catastrophes provoquée par les changements climatiques. Tapani, le héros, entreprend de retrouver sa femme disparue peu avant Noël. Journaliste, elle menait depuis peu une enquête sur un serial killer aux motivations politiques surnommé «Le Guérisseur». Ce roman remporte le prix Vuoden johtolanka en 2011.

La Dernière Pluie ( 2013 ) –  Parantaja (2010)

Sombre est mon cœur ( 2015 ) –  Synkkä niin kuin sydämeni (2013)

À une heure de route d’Helsinki, perdu dans la forêt dense, le manoir de Kalmela donne sur la mer Baltique. Ici, tout n’est que solitude, silence, secret. La cuisinière, peu bavarde, va et vient tandis que la fille du propriétaire, l’homme d’affaires Henrik Saarinen, promène son alcoolisme mondain de salon en salon. Autant de bruits, de sons étouffés auxquels le nouveau gardien se familiarise peu à peu.

Aleksi, 33 ans, ancien charpentier, n’a pas le look habituel de sa profession. Mais ce n’est en rien un hasard s’il est arrivé au manoir. Persuadé que l’assassinat de sa mère, vingt ans plus tôt, trouve ses racines entre ces mêmes murs, il a décidé de mesurer son intuition au personnage de Saarinen, dont l’apparente décontraction cache mal le regard carnassier. Entêté, le jeune homme va vite voir ses soupçons virer à l’obsession…

                                                                                              Le Concierge Masqué

Aussi noir que ton mensonge ( 2016 ) – Kaivos ( 2015 ) 

Par un coup de fil anonyme, le journaliste d’investigation Janne Vuori découvre qu’une mine de nickel du nord de la Finlande dissimulerait des activités illégales. Malgré les protestations de sa femme, qui lui reproche ses fréquentes absences, et le retour inattendu de son père, disparu des radars depuis vingt ans, il décide de se rendre sur place. Mais toutes ses tentatives pour entrer en contact avec les propriétaires de la mine échouent. Lorsqu’il finit par convaincre un membre du comité exécutif de le rencontrer officieusement, il apprend que des dissensions ont éclaté au sein de la direction.
Tandis que ses investigations progressent, son dossier se retrouve bientôt constellé de disparitions inexpliquées, « accidents mortels » et autres menaces…

Babelio

 

« Aussi noir que ton mensonge est un bon polar finlandais de la rentrée littéraire 2016. Dans ce roman, le lecteur part avec Janne, un jeune journaliste, accro au boulot, sur la piste d’une pollution mystérieuse. Peu à peu les fils se démêlent et l’intrigue s’épaissit. Mais le tableau se complique pour notre héros : entre sa femme et sa fille totalement délaissée et son père soudainement réapparu, Janne est perdu.

Ce roman entre dans le schéma classique du polar nordique. Un héros redresseur de torts, mais qui est en souffrance sur plan personnel. Une enquête qui pourrait provoquer un scandale international. Un nettoyeur, là pour tout régler. L’intrigue est bonne et le sujet très intéressant. Mais au-delà de l’affaire, ce sont les relations entre les personnages qui interpellent. L’auteur, avec un écriture réaliste et précise, décrit ici des phénomènes de société récurrents : l’absence du père, la vie de couple, l’héritage familial, et l’addiction au travail, quitte à tout perdre. Chacun d’entre nous peut se reconnaître dans un de ces personnages. En conclusion, « Aussi noir que ton mensonge » est un bon polar nordique qui m’a fait passer un bon moment et que je vous conseille en cette rentrée littéraire. »

croc1706 sur Babelio


 

JAN COSTIN WAGNER ( 1972 –          )

Jan Costin Wagner est un écrivain allemand, auteur de romans policiers.

Il est titulaire d’une licence d’allemand et d’histoire de l’Université de Francfort-sur-le-Main. Ses romans ont pour cadre la Finlande, d’où sa femme est originaire.

Son roman intitulé Le Silence est adapté au cinéma en 2010 par Baran bo Odar sous le titre Il était une fois un meurtre.

Série Kimmo-Joentaa

Le Silence ( 2009 ) –  Das Schweigen ( 2007 )

Lune de glace Dans une chambre d’hôpital, l’inspecteur finlandais Kimmo Joentaa assiste, impuissant, à la mort de sa jeune épouse, atteinte d’une maladie incurable. D’abord anesthésié par cette disparition, Kimmo sombre dans un chagrin terrible, à la fois mutique, furieux et traversé d’hallucinations dues au manque de sommeil. Dès le lendemain, l’inspecteur, qui refuse de prendre quelques jours de congé, est chargé par ses supérieurs d’une affaire de meurtre : une jeune femme a été étouffée pendant son sommeil. La porte de sa villa n’a pas été fracturée et aucun vol n’a été constaté. Très vite, la mort de cette inconnue rappelle à Kimmo celle de sa femme et son désespoir redouble. C’est d’ailleurs cette douleur si lourde à porter qui va rapprocher le policier et l’assassin, ces deux protagonistes incapables d’affronter la vie telle qu’elle est. Entre le chasseur et sa proie, une étrange relation d’empathie va s’installer… À mi-chemin entre le pur thriller et le roman psychologique, Lune de glace est un roman envoûtant.

Babelio

 

L’Hiver des lions ( 2010 ) – Im Winter der Löwen ( 2009 )

Comme chaque année, depuis la mort de sa femme, le commissaire Kimmo Joentaa choisit de passer la soirée de Noël dans le commissariat désert.

Au petit matin, on l’appelle : le médecin légiste vient d’être assassiné dans un bois enneigé. Le lendemain, un célèbre fabricant de faux cadavres pour le cinéma est poignardé à son tour. Un seul lien rapproche les deux hommes, ils ont participé ensemble à un talk-show qui montrait les corps – en plastique – affreusement mutilés de victimes d’accidents mortels. Dès lors, le présentateur de l’émission ne court-il pas un grave danger? Encore une fois, c’est l’empathie du commissaire envers ceux que la perte d’un être cher a rendus inconsolables et qui vivent dans l’obsession de la mort qui va le mettre sur la voie. Rarement un roman policier aura montré un visage aussi humaniste et une si grande délicatesse de sentiments.                                                                Babelio

 

Lumière dans une maison obscure ( 2012 ) – Das Licht in einem dunklen Haus ( 2011 )

Né en Allemagne, Jan Costin Wagner situe ses polars en Finlande, avec pour héros un inspecteur veuf et mélancolique nommé Kimmo Joentaa. Le policier s’intéresse à l’assassinat d’une femme dans le coma, à l’hôpital. Souvenirs surgissant du passé, enquête sur un meurtrier qui inonde sa victime de larmes, atmosphère ténébreuse, écriture sensuelle, poétique et lente : tout, ici, tranche avec le thriller habituel. On plonge dans l’empathie, l’émotion, en cherchant à dessiner la mystérieuse frontière entre ­innocence et culpabilité. Noir et bouleversant.

Christine Ferniot pour Télérama

Le premier mai tomba la dernière neige ( 2015 ) – Tage des letzten Schnees ( 2014 )

Le premier mai tomba la dernière neige de Jan Costin Wagner démarre le 1er mai au soir. Lasse Eckholm perd le contrôle de sa voiture, tout près de chez lui, à Turku en Finlande. Anna, sa fille unique et adorée, n’y survit pas. Une enquête de police est ouverte car un autre véhicule, en fuite, semble impliqué. Le commissaire Kimmo Joentaa dirige les opérations. C’est un jeune flic tranquille et inspiré.  Au fil de ses recherches, il va s’intéresser à plusieurs personnages très disparates : entre autres, un banquier d’Helsinki, une prostituée roumaine et une internaute épisodique… Bien évidemment, tous ont un lien avec l’accident de la route de Turku. Un lien secret et enfoui, indiscernable sans doute par un policier ordinaire. Mais Kimmo Joentaa est tout sauf un policier ordinaire. Et ce nouveau livre de Jan Costin Wagner est tout sauf un polar ordinaire : 80 très courts chapitres menés à un pas de sénateur, sans fusillade ni courses-poursuites.

Bernard Poirette Journaliste RTL

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