ROBERT VAN GULIK ( 1910 – 1967 ) n’est pas le nom que l’on attend quand on se penche sur l’histoire du Polar ‘chinois’. Il est néerlandais.

Van Gulik fut un polyglotte hors pair ( néerlandais bien sûr, anglais, japonais…) Il suivit son père médecin militaire à Java où il apprit le javanais, le malais, un peu de chinois, langue qu’il approfondit plus tard.

Diplomate dans une multitude de pays ( Japon, Chine, Etats-Unis, Inde, Indonésie, Liban, Corée ) Van Gulik devint parallèlement un sinologue réputé.

C’est en 1948 que commence sa carrière d’écrivain de Polar, même si ce terme est un peu trop français pour rendre compte des livres de Van Gulik. Son premier livre de ce ‘genre’ littéraire est en réalité la traduction d’un vieux texte chinois datant du XVIe siècle, le Dee Goong An. Il se compose de trois nouvelles où l’enquêteur a pour nom Juge Ti ( en français ) ou Dee-Jen Djieh.

Dans l’avant propos du premier roman à proprement parler de Van Gulik ( Le Mystère du Labyrinthe ) , celui-ci explique clairement sa démarche :

« Lorsque je publiai en 1949 un roman policier chinois sous le titre de Dee Goong An, on s’empressa de me demander d’autres ouvrages du même genre. Malheureusement, il n’en existait pas ou ils étaient fort rares. Aussi je décidai que ce pourrait être une expérience intéressante si je m’essayais à composer un roman dans le style des anciens récits chinois. Je me faisais fort de prouver aux écrivains contemporains chinois et japonais que ce type d’ouvrage saurait susciter l’intérêt du lecteur moderne. C’est d’ailleurs ce qu’il arriva. Lorsque je publiai Le Mystère du Labyrinthe et qu’il fut traduit en japonais puis par moi-même en chinois, ces deux versions furent très favorablement accueillies par la critique sino-japonaise. »

 

Van Gulik écrira ainsi, en s’inspirant de vieux récits chinois pas moins de 17 romans policiers fictifs autour du Juge Ti, fonctionnaire impérial de l’époque T’ang ( entre 663 et 672 de notre ère )

Le Mystère du Labyrinthe

Ti est muté à Lan-Fang, une cité imaginaire au nord-ouest de l’Empire Fleuri. Furieux d’avoir été évincé de son poste de fonctionnaire à Pou-Yang suite à des intrigues mêlant clergé bouddhiste et négociants cantonnais… il se retrouve plongé au cœur d’une région frontalière aux mains d’un chef de guerre ambitieux. Confronté à des conspirateurs, Ti tente de restaurer l’autorité du gouvernement qu’il sert et est amené à résoudre des affaires inextricables qui font rapidement de lui un enquêteur reconnu pour sa perspicacité exceptionnelle ( général à la retraite assassiné dans sa bibliothèque fermée de l’intérieur, héritage apparemment injuste où un fils reçoit un tableau à première vue anodin et l’autre le reste de la fortune considérable…)

Van Gulik s’est conformé aux traditions chinoises. Le juge confucéen a beau bénéficier d’une grande perspicacité, il lui arrive malgré tout de faire fausse route.

Nous voyageons à ses côtés avec un plaisir extrême.

Intellectuel distingué, Van Gulik jouait du luth et illustrait ses propres romans. Il est l’auteur d’un traité intitulé ‘La vie sexuelle dans la Chine ancienne’.

‘Il fut même à l’origine d’une mystification en proposant à de grandes bibliothèques nationales une série de rééditions d’estampes érotiques de la Chine des Mings dont il est fortement soupçonné d’être l’auteur’ ( Wikipedia )

 

Quelques autres romans avec le Juge Ti :

Trafic d’or sous les T’ang

Le Paravent de Laque

Meurtre à Canton

Le Motif du Saule

 

Bonne lecture. Bon voyage.

Publicités